Après m’avoir fait tant mourir, poème sur la Vie.

Il faudrait qu’on me laisse vivre,

Après m’avoir tant fait mourir.

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La Poésie. Domaine des âmes perdues, torturées, qui ont tant – trop – aimées.

Le recueil « Après m’avoir tant fait mourir«  est un hymne à la liberté, à l’amour, à l’épanouissement de Soi, au respect à la Nature, aux cœurs simples et purs, tout simplement, à la vertu. Une Ode à l’honnêteté, aux vérités cachées, et aux vers distillés.

A deux fois, mon âme a lentement glissé sur ses deux vers, telle une caresse, ou une frappe au cœur. Ces vers théophilien m’ont transporté dans une dimension qui est mienne, profonde, inhumaine. Ce couloir de la mort, ce champ de bataille, ce cœur en miettes éparses. J’ai lu, relu, soupiré, arrêté, regardé, ces mots, ou plutôt dirais-je ces maux, transcrit sur papier blanc, une sorte de vague enflant dans mon être, remontant jusqu’à ma tête, ravageant raison et être, je n’étais plu(s) que bête, sotte ici, assise, clouée sur place par l’affliction des motsmaux.

 

 

ôte-toi, laisse-moi rêver.

Je sens un feu se soulever

Dont mon âme est toute embrasée. 

ô beaux prés, beaux rivages verts,

ô grands flambeaux de l’univers,

Que je trouve ma veine aisée!

Belle Aurore, Douce Rosée, 

Que vous m’allez donner des vers!

J’ai senti Théophile, avec lui, j’ai voulu me battre, j’ai voulu soulever des montagnes, rire,

J’ai voulu fouler les plaines et les champs qu’il nous décrit,

J’ai souhaité pénétrer le regard de Sylvie, de Caliste, et de Thisbé.

En cette saison automnale, je n’ai pu que ressentir la vigueur de cette Nature mère, de cette Force primaire. Chaque jour les couleurs changent, les arbres se perdent aussi, ils accompagnent nos pertes d’esprit.

A travers ses vers, au delà des mots, le poète a laissé parler sa haine envers l’Hiver, sa mort. Son Hiver à lui, a visiblement détruit. Mon Hiver à moi, n’est plus qu’à deux pas.

Plein de colère et de raison

Contre toi barbare saison

Je prépare une rude guerre, 

Malgré les lois de l’Univers,

Qui de glace des hivers

Chassent les flammes du tonnerre, 

Aujourd’hui l’ire de mes vers 

Des foudres contre toi desserre.

 

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Arrêtons-nous là. Une inspiration, insufflez, sentez. ne voyez-vous pas? Une révolte interne agite le corps du poète, il rejoint d’un coup de plume mon silence fait de grumeaux,

Grumeaux de peau, de sang, de larmes, de doutes, de chants. D’une main tendue, à défaut de pouvoir prendre celle du poéte, j’attrape ce recueil et y recueille les échos de mon coeur creusé par les rides de la maladie. Mon Hiver à moi? L’anorexie, la boulimie, la dépression. Ce sont des flocons glacials qui gèlent le bonheur, le bien-être et la confiance en soi, l’espoir, la vie. Ce sont des tempêtes de poudre blanche, qui cingle mon corps, le marque, le molleste, le met à mort. Frigorifiée par mon Hiver intérieur, « my inner winter ».

J’ai pensé à l’été, comme Théophile à Thisbé, j’ai cherché la chaleur, tel Théophile, ses moeurs. Il a pourri dans une prison pour avoir vécu, osé, aimé. J’ai été mis en prison pour avoir vécu, aimé, desespéré et cédé. A tord, nous avons tout deux hurler, secouer les barreaux, est-il si dur d’obtenir le droit de Vérité, est-il si fou de penser, qu’un jour, nos vérités cachées seront des aveux libérés?

Mon Hiver à moi est entré dans ma Maison, dans mon assiette, il s’est glissé entre mes aliments, et j’ai pensé ô combien je voudrais qu’un Soleil vienne réchauffer ce plat de vie. 

Alors ce soir,

alors que la Neige battait son plein contre la fenêtre de mon esprit, ce n’est qu’après avoir pris quelques pilules d’anxiolitiques*, mes ennemis, et mes meilleurs amis, que j’ai pu écrire ces lignes. Ces dernières provoquent de telles tempêtes internes, je suis face au Radeau de la Méduse peinte par Géricault, mon âme souhaite un secours, un Argus au loin, alors qu’une partie dépérit, résignée, accablée. Un clair obscur plane dans mon esprit, un paradoxe, entre espoir et désespoir, entre tempête et appel à l’aide.

 

Dois-je donc aux races meurtrières

Tant de fièvres et tant de pleurs,

Tant de respects, tant de prières,

Pour passer mes nuits sans sommeil,

Sans feu, sans air, et sans Soleil,

Et pour mordre ici les murailles,

N’ai-je encore souffert qu’en vain? 

Me dois-je arracher les entrailles

Pour soûler leur dernière faim?

 

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J’ai lu dans le métro, dans les couloirs froids de la Faculté, dans mon lit, dans mon cabinet, dans mon Monde, où ça gronde. Les vers biscornus ont épousé la forme de mon âme tortueuse, Théophile, par son art et sa virulence pour la Vie, le Vrai, la ClairVoyance, m’a tenu la main, doucement, et m’a posé à table. Ensemble, dans mon assiette, nous avons regardé le déchaînement dangereux d’une guerre de démons, et j’ai lu, alors qu’il a soupiré :

Les objets les plus sereins pour moi sont pleins d’orage,

Les objets les plus beaux pour moi sont pleins d’effroi,

J’aime la nourriture, mais elle me pourrie. J’aime la vie, mais cette dernière m’a bien fait comprendre que ce n’était pas réciproque.

*Attention l’abus de substances telles que les psychotropes que je nomme est dangereux. Ils sont à consommer avec modération, et sous l’avis d’un médecin bienveillant et spécialisé en psychiatrie. Je suis moi-même intensivement suivie, chaque semaine.
∴ les photos, textes et citations sont de moi, hormis celle surligné par les guillemets. ∴
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6 commentaires sur “Après m’avoir fait tant mourir, poème sur la Vie.

  1. je l’ai lu …c’est drôle que tu t’intéresse à Théophile de Viau 😉 et que tu en parle avec bcp de sensibilité et d’attachement s’agissant d’un auteur baroque (encore loin de l’introspection des sentiments humains que développeront majoritairement les romantiques)… le ton était plus solennel que la dernière fois (peut être exprès en rapport avec le style de Viau ) Je comprends ce que tu veux dire dans ton texte parce que je te connais un peu 😉 mais parfois la relation entre les citations et l’interpretation que tu en fais n’étaient pas très clair je trouve, j’aurai peut être encore mieux compris si tu devellopait un peu plus les citations abordées… mais sinon j’aime bien

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    1. Tutur,
      Il se tient peut-être dans un courant qui est alors Baroque mais Théophile de Viau est surtout un précurseur du romantisme 🙂 Je pense que le ton est un peu trop métaphorique pour que beaucoup ne comprennent haha… Je verrai si je change ça dans le temps! Merci pour ton retour en tout cas!

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  2. Très jolie plume, sans filtre et assez explosive – attention aux petites fautes ; s’il fallait émettre une petite critique. J’aime beaucoup les métaphores sur l’automne et l’hiver ainsi que les comparaisons avec la peinture de Géricault.

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